Comité des Fêtes de Bourran

L’Eglise de Saint-Vincent
 

 

Au cours des siècles, la paroisse de Saint-Vincent fit partie de deux juridictions : celle de Montpezat et celle d’Aiguillon. Son territoire était donc scindé en deux parties –d’ailleurs fort inégales- dépendant chacune d’une juridiction différente.

 En 1636, le premier acte de baptême dont nous ayons la trace, porte le nom de la paroisse de Sousompech (juridiction de Montpezat). Le nom de la paroisse varia d’ailleurs jusqu’à la Révolution : Saint-Vincent, Dessous Sompech, puis Saint-Vincent de Soubs Sompech (sous la colline : pech) ; probablement pour l’opposer à Dominipech, situé au sommet de la colline.
 L’arpentement de 1767 de la paroisse de Dominipech donne une précision particulière sur l’enchevêtrement qui pouvait exister, sous l’Ancien Régime, dans les divisions administratives de l’époque.
 C’est ainsi qu’à cette date, la paroisse de Saint Vincent était « coupée » en deux : la partie actuelle du bourg située à l’Est de la route de Saint-Salvy –Lacépède appartenait à la juridiction de Montpezat, dépendante du Duché d’Aiguillon. Etaient compris dans cette zone, l’église et le cimetière. Les habitants de Saint Vincent dépendaient du taillable de Dominipech, c'est-à-dire qu’ils étaient imposés avec les habitants de cette dernière paroisse. L’arpentement de 1767 précise d’ailleurs le montant de cette imposition au profit de M. le Duc d’Aiguillon et l’acte est signé par le Syndic de Saint-Vincent : De COUDERC.
 
L’origine de cette séparation nous est donnée par une lettre des Conseillers municipaux de Dominipech datée de 1834, qui explique que c’est le Duc d’Aiguillon qui, pour faire ériger son duché en Duché-pairie, obtint de l’ordre de Malte qui était seigneur de Dominipech (et donc de la partie actuelle de Saint Vincent, à l’Est de la route déjà indiquée), qu’on lui cédât la rente de Dominipech, et la dîme s’y rattachant de 15 ha de terrain. En échange de cette concession, le Duc d’Aiguillon s’engagea à faire construire une église. Avec deux clochers « supplémentaires » : ceux de Dominipech et de Saint-Vincent, la baronnie de Montpezat augmentait d’importance et le Duché d’Aiguillon dont elle dépendait devenait Duché-pairie.
 Par contre, la partie la plus importante de la paroisse de Saint-Vincent dépendait de la juridiction de Clairac.
 A noter que, jusqu’au début du XIXe siècle, aucune route directe ne reliait Saint-Vincent aux Téoulès et à la Vallée du Lot, et que les communications vers cette vallée se faisaient par le chemin des Faures.
 La paroisse s’étendait de la Rature à Maunac (Monat à l’époque) et comprenait les hameaux de Monat, Danton, Peyrebou, Les Faures, Raffy, Coussargues, Bégoule, Figou et la Rature.

 Lexique :

Arpentement : mesurage
Duché-pairie : 1-Titre de Duc et pair. 2-Terre à laquelle était attaché ce titre.

Taillable : Sujet à l’impôt de la taille

 

 



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