Comité des Fêtes de Bourran
Notre attachement à Bourran
Reste étroitement lié à son passé
…« la commune ne peut plus être une simple agglomération de quelques habitants à la tête desquels se trouve un maire n’ayant à remplir d’autres fonctions que la tenue des registres de l’état civil. Il se doit nécessairement, pour que la commune ait une existence dans le sens de nos lois de progrès, pour que le bien s’opère et qu’elle puisse par ses propres ressources fournir aux dépenses que nécessite l’exécution de ces lois, qu’elle soit assez étendue pour offrir la chance d’y trouver un certain nombre d’habitants notables en état de comprendre le bienfait de ces lois et de concevoir leur exécution ».
Extrait de la lettre adressée en 1837 par M. le Sous-préfet de Villeneuve-sur-Lot à M. le Préfet de Lot-et-Garonne.
La loi communale, promulguée par Louis-Philippe, tendait à réduire les frais inhérents à chaque commune pour les faire supporter par un plus grand nombre d’habitants : les maisons d’école, les maisons communes (mairies), …
Autres extraits de la lettre précitée, éloquente quant à la nécessité de regrouper les communes de très faible population : - de 300 habitants
« En faisant construire des maisons d’école, on y ajoute une chambre pour la mairie, et… la dépense en est augmentée. Mais, à quoi bon charger les campagnes de frais qui pourraient, dans beaucoup de localités, être diminués de moitié ? A quoi bon multiplier des instituteurs communaux qui n’auront pas d’élèves, et des administrateurs qui ne peuvent rien faire, faute de ressources ? Les réunions dégrèveraient les communes et le département, tout en rendant l’administration plus facile. »
« Je n’ai pas cru m’astreindre à conserver toujours le nom de la commune la plus populeuse. Il m’est apparu que l’importance des populations agglomérées plus considérables, ou celles que donnent les foires, lorsqu’il a en a une dans l’une des deux communes, devait prévaloir et servir à déterminer le nom de la nouvelle commune que je propose de lui réunir. »
Dès le 11 janvier 1834, les communes de Saint Brice et Colleignes réalisèrent une association destinée à l’instruction des garçons des deux communes : le Comité d’arrondissement de l’instruction primaire.
En effet, considérant que la commune de Colleignes se trouve sous le rapport du petit nombre de sa population (300, contre 660 à Saint Brice en 1831) et du peu de ressources, dans l’impossibilité d’avoir un instituteur, délibère : « Les enfants du sexe masculin de ladite commune de Colleignes seront admis gratuitement dans l’école communale primaire élémentaire de la commune de Saint Brice, située dans une très belle salle de la mairie de Bourran. Les jeunes gens qui désirent être admis à cette école pourront se présenter chez M. le Maire de Saint Brice qui leur délivrera une autorisation ».
Dès lors, la réunion des communes de Saint Brice et Colleignes se dessinait, à travers les ententes sur le plan de l’instruction et probablement sur le plan religieux. L’attachement de la commune de Saint Vincent était moins évident.
Lors de Conseils municipaux successifs, le projet de fusion fut étudié entre les communes de Saint Brice et Colleignes, d’une part et les communes de Saint Vincent, Dominipech et Saint Salvy, d’autre part.
Les intérêts de chacune y sont débattus mais les prérogatives échouent.
Un point commun allie les communes de Saint Brice, Saint Vincent et Colleignes, c’est le privilège de la culture du tabac, présent dans ses trois communes. Privilège que n’ont pas les communes de Dominipech et Saint Salvy. La réunion de Saint Vincent à ses deux dernières compromettrait la pérennité de cette culture.
C’est le 3 novembre 1838, que le projet définitif et les pièces relatives à la réunion des trois communes de Colleignes, Saint Brice et Saint Vincent, étaient adressés au Ministre de l’intérieur, accompagnés d’une lettre du Préfet donnant son avis et qui résume bien le parcours accompli durant les négociations :
« Considérant que les populations de Colleignes et de Saint Vincent ne permettent pas de trouver dans ces deux localités les éléments nécessaires pour la formation d’une bonne administration, et que leurs faibles revenus ne leur permettent pas de faire face aux dépenses que la loi rend obligatoires,
« Considérant que les habitants de Saint Brice et le conseil municipal ont donné leur adhésion à la réunion projetée,
« Considérant que si, dans l’enquête ouverte à Colleignes, quelques habitants se sont présentés pour réclamer contre le projet… sous prétexte qu’elle possédait tous les éléments nécessaires pour l’administrer individuellement, le conseil municipal a fait lui-même justice de cette prétention en demandant à l’unanimité la réunion des trois communes en une seule,
« Considérant que dans la commune de Saint Vincent, la grande majorité des habitants et du conseil municipal a repoussé la réunion de cette commune avec celle de Lacépède (canton de Prayssas) et demandé que cette réunion ait lieu avec Colleignes et Saint Brice.
« Considérant que le bourg de Bourran est le point le plus central, que c’est dans ce village, situé à la jonction de la route départementale et d’un embranchement conduisant à Clairac, qu’ont été récemment construites la maison commune et la maison d’école de Saint Brice,
Tout concourt enfin à en faire un chef-lieu de commune.
Sommes d’avis qu’il y a lieu de réunir les communes de Saint Brice, Colleignes et Saint Vincent en une seule commune qui prendra le nom de Bourran.
C’est par l’Ordonnance du 9 avril 1839 que naissait officiellement la commune de Bourran, avec alors 1 216 Bourranais.
Pour une recherche plus approfondie, nous vous invitons à lire :
Les 150 ans de Bourran de 1839 à 1989,
Écrit par M. André RUFFE,
Imprimé « SUR LES PRESSES DE L’IMPRIMERIE COOPERATIVE DE L’AGENAIS » en 1989 et qui débute par un exposé détaillé, écrit par l'instituteur de l'époque à Bourran, M. Claude GENARD, et paru précédemment dans la "Revue de l'Agenais » du numéro 3 de 1972